Tale PCM · Chapitre 06 · Nombres complexes
Nombres complexes : forme exponentielle
STI2D uniquement
Notation exponentielle, formules d'addition et de duplication, linéarisation, transformation de a cos(ωt) + b sin(ωt).
Sommaire
Ce qu'il faut savoir faire
- Notation exponentielle
- Formules d'addition et de duplication
- Linéarisation
- Transformation de a cos(ωt) + b sin(ωt)
Le cours
En première, vous avez découvert les nombres complexes et leurs deux écritures : la forme algébrique a+ib, idéale pour les sommes et les produits développés, et la forme trigonométrique r(cosθ+isinθ), qui raconte la géométrie du nombre — sa distance à l'origine et sa direction. Ce chapitre introduit une troisième écriture, la plus compacte et la plus puissante de toutes : la forme exponentielle reiθ. Ce n'est pas une simple abréviation. En plaçant l'angle en exposant, elle transforme les produits, les quotients et les puissances de nombres complexes en jeux d'exposants, exactement comme pour la fonction exponentielle réelle étudiée en début d'année. Elle livrera en chemin les formules d'addition et de duplication de la trigonométrie, un outil de calcul de primitives, la transformation des signaux sinusoïdaux et l'écriture des transformations géométriques du plan.
Comme celui de première, ce chapitre est réservé à la série STI2D : les élèves de STL ne le traitent pas. Et comme en première, la motivation vient tout droit de l'électricité : en régime sinusoïdal, tensions et intensités se codent par des nombres complexes dont le module porte l'amplitude et l'argument le déphasage — les électriciens notent d'ailleurs j ce que les mathématiciens notent i, pour ne pas confondre avec l'intensité du courant. La forme exponentielle est précisément l'écriture qui rend ces calculs fluides.
De la forme trigonométrique à la notation exponentielle
Rappelons le point d'arrivée de la première : tout nombre complexe non nul z s'écrit sous forme trigonométrique z=r(cosθ+isinθ), où r=∣z∣ est son module et θ=arg(z) un de ses arguments. Dans cette écriture, le facteur cosθ+isinθ concentre toute l'information de direction : c'est un nombre complexe de module 1, dont le point image est le point du cercle trigonométrique repéré par l'angle θ.
Ce facteur possède une propriété étonnante. Souvenez-vous de ce qui caractérise la fonction exponentielle réelle : elle transforme les sommes en produits, ea+b=ea×eb. Eh bien, on peut démontrer que la quantité cosθ+isinθ fait exactement la même chose avec les angles : additionner deux angles revient à multiplier les quantités correspondantes. Autrement dit, θ↦cosθ+isinθ se comporte en tout point comme une exponentielle. C'est ce qui a conduit le mathématicien Leonhard Euler, au XVIIIe siècle, à adopter pour elle une notation exponentielle — l'une des notations les plus fécondes de toutes les mathématiques.
Définition
Exponentielle complexe. Pour tout réel θ, on pose
eiθ=cosθ+isinθCette notation n'aurait aucun intérêt si elle ne respectait pas les règles de calcul des exponentielles. C'est tout l'inverse : on admet que les propriétés algébriques de l'exponentielle réelle s'étendent à eiθ, et c'est ce qui fait toute sa valeur.
Propriété
Propriété fondamentale (admise). Pour tous réels θ et θ′ :
ei(θ+θ′)=eiθ×eiθ′Plus généralement, les règles de calcul de l'exponentielle réelle restent valables :
e−iθ=eiθ1,ei(θ−θ′)=eiθ′eiθ,(eiθ)n=einθ (n∈Z)Prenons le temps de calculer quelques valeurs de eiθ, directement à partir de la définition : il suffit de remplacer cosθ et sinθ par leurs valeurs. Ces résultats serviront constamment et méritent d'être connus par cœur.
Propriété
Valeurs remarquables.
| θ | 0 | 2π | π | −2π | 2π |
|---|---|---|---|---|---|
| eiθ | 1 | i | −1 | −i | 1 |
En particulier ei⋅0=1 (comme e0=1 chez les réels) et e2iπ=1 : ajouter 2π à l'angle, c'est faire un tour complet, donc ei(θ+2π)=eiθ pour tout réel θ.
Vérifions par exemple la troisième colonne : eiπ=cosπ+isinπ=−1+i×0=−1. Cette égalité eiπ=−1 est l'une des plus célèbres des mathématiques : elle relie en une ligne le nombre e de l'analyse, le nombre π de la géométrie et le nombre i de l'algèbre.
Où vivent les nombres eiθ dans le plan complexe ? La réponse est géométriquement limpide.
Propriété
Module et argument de eiθ. Pour tout réel θ :
eiθ=1etarg(eiθ)=θ (aˋ 2kπ preˋs)Le point image de eiθ est le point du cercle trigonométrique repéré par l'angle θ.
En effet, eiθ=cos2θ+sin2θ=1=1, et l'écriture cosθ+isinθ est exactement une forme trigonométrique de module 1 et d'argument θ. La figure ci-dessous rassemble les valeurs remarquables : les quatre points cardinaux du cercle sont les images de 1, i, −1 et −i, et un point générique eiθ se promène sur le cercle au gré de l'angle θ.
La forme exponentielle d'un nombre complexe
La nouvelle notation permet de récrire la forme trigonométrique de manière beaucoup plus compacte : dans z=r(cosθ+isinθ), la parenthèse est exactement eiθ. Toute l'information sur z tient alors en deux symboles : un module et un angle en exposant.
Définition
Forme exponentielle. Tout nombre complexe non nul z peut s'écrire sous la forme
z=reiθoù r=∣z∣>0 est le module de z et θ=arg(z) un argument de z. Cette écriture est appelée forme exponentielle de z.
La figure montre la lecture géométrique : le point M d'affixe z=1+i3 est à distance 2 de l'origine, dans la direction d'angle 3π ; sa forme exponentielle est 2eiπ/3. Comme pour la forme trigonométrique, deux précautions s'imposent. D'abord, le coefficient r devant l'exponentielle doit être strictement positif : c'est un module. Une écriture comme −2eiπ/3 n'est pas une forme exponentielle ; pour la corriger, on absorbe le signe dans l'angle grâce à −1=eiπ : −2eiπ/3=2eiπeiπ/3=2ei⋅4π/3. Ensuite, l'argument n'est défini qu'à 2kπ près : reiθ=r′eiθ′ (avec r et r′ strictement positifs) équivaut à r=r′ et θ′=θ+2kπ pour un entier relatif k.
Le passage entre forme algébrique et forme exponentielle est la capacité centrale du chapitre. La démarche est celle de la première pour la forme trigonométrique — seule la présentation du résultat change.
Méthode
De la forme algébrique à la forme exponentielle. Soit z=a+ib non nul (avec a, b réels).
- Calculer le module : r=∣z∣=a2+b2.
- Chercher un angle θ vérifiant les deux conditions
- Reconnaître un angle remarquable (tableau des valeurs, cercle trigonométrique, angles associés pour trouver le bon quadrant).
- Conclure : z=reiθ.
Exemple
Forme exponentielle de z=1+i3. Le module vaut r=12+(3)2=4=2. On cherche θ tel que :
cosθ=21etsinθ=23L'angle θ=3π convient (valeurs remarquables). D'où :
1+i3=2eiπ/3C'est exactement le point M de la figure ci-dessus.
Exemple
Forme exponentielle de z=3−i. Le module vaut r=(3)2+(−1)2=2. On cherche θ tel que cosθ=23 et sinθ=−21 : cosinus positif, sinus négatif, le point est dans le quatrième quadrant, et l'angle θ=−6π convient. D'où :
3−i=2e−iπ/6On retrouve, en plus compact, la forme trigonométrique calculée pour ce même nombre en première. Signalons aussi le cas d'un réel strictement négatif : −5=5eiπ, puisque son module est 5 et son argument π.
Le passage inverse est plus simple : on revient à la définition de eiθ et on développe.
Méthode
De la forme exponentielle à la forme algébrique. Soit z=reiθ.
- Récrire z=r(cosθ+isinθ).
- Remplacer cosθ et sinθ par leurs valeurs exactes (valeurs remarquables, angles associés).
- Développer : la partie réelle est rcosθ, la partie imaginaire est rsinθ.
Exemple
Retour à la forme algébrique. Soit z=4e−iπ/6. Avec les angles associés, cos(−6π)=23 et sin(−6π)=−21. D'où :
z=4(23−21i)=23−2iOn lit au passage Re(z)=23 et Im(z)=−2, et l'on savait d'avance que ∣z∣=4 et arg(z)=−6π.
Calculer avec la forme exponentielle
Pourquoi introduire une troisième écriture, alors que deux suffisaient à décrire tous les nombres complexes ? Parce que la forme exponentielle est de très loin la meilleure pour multiplier. Sous forme algébrique, un produit exige une double distributivité et un remplacement de i2 ; sous forme exponentielle, la propriété fondamentale fait tout le travail : les modules se multiplient et les arguments s'ajoutent, comme des exposants.
Propriété
Opérations sous forme exponentielle. Soient z=reiθ et z′=r′eiθ′ deux nombres complexes non nuls, et n un entier relatif.
z×z′=rr′ei(θ+θ′)z′z=r′rei(θ−θ′)z1=r1e−iθzn=rneinθzˉ=re−iθToutes ces formules découlent de la propriété fondamentale. Par exemple, pour le produit : zz′=reiθ×r′eiθ′=rr′eiθeiθ′=rr′ei(θ+θ′). Pour le conjugué, on revient à la définition : zˉ=r(cosθ+isinθ)=r(cosθ−isinθ)=r(cos(−θ)+isin(−θ))=re−iθ — géométriquement, la symétrie par rapport à l'axe des réels change l'angle en son opposé, ce que l'on savait depuis la première.
En termes de module et d'argument, ces formules se relisent ainsi : ∣zz′∣=∣z∣×∣z′∣ (déjà connue), et surtout
arg(zz′)=arg(z)+arg(z′),arg(z′z)=arg(z)−arg(z′),arg(zn)=narg(z)toutes ces égalités s'entendant à 2kπ près. Retenez la philosophie : multiplier des nombres complexes, c'est additionner leurs arguments. C'est cette conversion des produits en sommes qui fait de la forme exponentielle l'outil roi du chapitre.
Exemple
Produit et quotient. Soient z=2eiπ/3 et z′=3eiπ/6. Alors :
zz′=2×3ei(π/3+π/6)=6eiπ/2=6ietz′z=32ei(π/3−π/6)=32eiπ/6Le produit est un imaginaire pur, ce que la forme exponentielle révèle instantanément (arg=2π), alors que rien ne le laissait deviner sur les formes algébriques de z et z′.
Exemple
Une puissance sans effort. Calculons (1+i)8. Développer huit facteurs serait pénible ; passons par la forme exponentielle. On sait que 1+i=2eiπ/4, donc :
(1+i)8=(2)8ei⋅8π/4=16e2iπ=16Un calcul de tête, là où la forme algébrique demandait des développements en cascade. C'est la marche à suivre pour toute puissance : convertir en exponentielle, appliquer zn=rneinθ, reconvertir si besoin.
Formules d'addition et de duplication
La propriété fondamentale ei(a+b)=eiaeib cache un trésor trigonométrique. Écrivons chacun de ses deux membres sous forme algébrique et comparons. D'une part, par définition :
ei(a+b)=cos(a+b)+isin(a+b)D'autre part, en développant le produit par double distributivité et en remplaçant i2 par −1 :
eiaeib=(cosa+isina)(cosb+isinb)=cosacosb+icosasinb+isinacosb+i2sinasinb=(cosacosb−sinasinb)+i(sinacosb+cosasinb)Les deux membres sont égaux : par unicité de la forme algébrique (deux nombres complexes égaux ont même partie réelle et même partie imaginaire), on peut identifier. La partie réelle donne une formule pour cos(a+b), la partie imaginaire une formule pour sin(a+b). Les versions en a−b s'en déduisent en remplaçant b par −b et en utilisant la parité : cos(−b)=cosb et sin(−b)=−sinb.
Propriété
Formules d'addition. Pour tous réels a et b :
cos(a+b)=cosacosb−sinasinbcos(a−b)=cosacosb+sinasinbsin(a+b)=sinacosb+cosasinbsin(a−b)=sinacosb−cosasinbVoilà quatre formules obtenues d'un seul geste — c'est l'un des plus beaux services rendus par les nombres complexes à la trigonométrie. Un moyen mnémotechnique : pour le cosinus, les fonctions restent entre elles (coscos et sinsin) et le signe s'inverse ; pour le sinus, les fonctions se croisent (sincos et cossin) et le signe se conserve.
En prenant b=a dans les formules d'addition, on obtient les formules dites de duplication, qui expriment le cosinus et le sinus de l'angle double 2a.
Propriété
Formules de duplication. Pour tout réel a :
cos(2a)=cos2a−sin2a=2cos2a−1=1−2sin2asin(2a)=2sinacosaLa première forme vient directement de cos(a+a)=cosacosa−sinasina. Les deux autres s'en déduisent avec la relation cos2a+sin2a=1 : en remplaçant sin2a par 1−cos2a, on obtient cos(2a)=2cos2a−1 ; en remplaçant cos2a par 1−sin2a, on obtient cos(2a)=1−2sin2a. Ces trois écritures d'un même résultat ne font pas double emploi : les deux dernières, qui relient cos(2a) à un carré, seront le moteur de la linéarisation au paragraphe suivant.
Premier usage classique de ces formules : calculer des valeurs exactes pour des angles qui ne figurent pas dans le tableau des valeurs remarquables, en les écrivant comme somme ou différence d'angles connus.
Exemple
Valeur exacte de cos12π. L'angle 12π n'est pas dans le tableau, mais 12π=124π−123π=3π−4π. La formule d'addition donne :
cos12π=cos3πcos4π+sin3πsin4π=21×22+23×22=42+6Le même découpage donne sin12π=sin3πcos4π−cos3πsin4π=46−2.
Exemple
Valeur exacte de cos8π par duplication. L'angle 8π est la moitié de 4π : la duplication s'applique avec a=8π, donc 2a=4π :
cos4π=2cos28π−1d’ouˋcos28π=21+22=42+2Comme 8π est dans le premier quadrant, son cosinus est positif : cos8π=22+2.
Linéarisation et primitives
Le chapitre Intégration nous a appris à calculer des intégrales à l'aide de primitives, et la physique nous demandera bientôt d'intégrer des carrés de signaux sinusoïdaux — c'est ainsi que se calcule une puissance électrique moyenne. Or aucune formule de notre catalogue ne donne de primitive de cos2 ou de sin2. La parade s'appelle linéarisation : remplacer un carré de cosinus ou de sinus par une expression du premier degré en cosinus, que l'on sait primitiver. Les formules de duplication fournissent exactement la conversion cherchée : il suffit d'isoler le carré.
Partons de cos(2θ)=2cos2θ−1 : en isolant cos2θ, il vient 2cos2θ=1+cos(2θ). De même, cos(2θ)=1−2sin2θ donne 2sin2θ=1−cos(2θ).
Propriété
Formules de linéarisation. Pour tout réel θ :
cos2θ=21+cos(2θ)etsin2θ=21−cos(2θ)Le carré a disparu : à droite ne figurent plus qu'une constante et un cosinus de l'angle double. Chacun de ces deux morceaux se primitive avec les formules de première — rappelons que t↦ω1sin(ωt) est une primitive de t↦cos(ωt).
Propriété
Primitives de cos2 et sin2. Soit ω un réel non nul. Sur R :
- les primitives de t↦cos2(ωt) sont les fonctions t↦2t+4ωsin(2ωt)+C ;
- les primitives de t↦sin2(ωt) sont les fonctions t↦2t−4ωsin(2ωt)+C ;
où C est une constante réelle.
Vérifions la première : la linéarisation donne cos2(ωt)=21+21cos(2ωt). Le terme 21 a pour primitive 2t ; le terme 21cos(2ωt) a pour primitive 21×2ωsin(2ωt)=4ωsin(2ωt). La formule pour sin2 s'obtient de la même façon, avec un signe moins.
Voyons ces primitives au travail sur la situation physique annoncée : la puissance dissipée par une résistance vaut p(t)=Ru(t)2, et la puissance moyenne fait donc intervenir la valeur moyenne du carré de la tension sur une période.
Exemple
Valeur moyenne d'un signal au carré. Une tension est modélisée par u(t)=5cos(100πt) (en volts, t en secondes), de période T=100π2π=0,02 s. Calculons la valeur moyenne de u(t)2 sur une période, c'est-à-dire m=T1∫0Tu(t)2dt.
On linéarise : u(t)2=25cos2(100πt)=225+225cos(200πt). Une primitive est F(t)=225t+225×200πsin(200πt), d'où :
∫00,02u(t)2dt=F(0,02)−F(0)=225×0,02+400π25sin(4π)−0=0,25car sin(4π)=0. La valeur moyenne vaut donc m=0,020,25=12,5 V2. Le terme en cosinus s'est intégré à zéro sur la période complète : il ne reste que le terme constant 225 de la linéarisation. C'est un résultat général : la valeur moyenne de cos2(ωt) sur une période vaut 21, donc celle de u2 vaut la moitié du carré de l'amplitude. En électricité, la racine carrée de cette moyenne est la tension efficace : ici Ueff=12,5=25≈3,5 V. C'est exactement le sens du « 230 V » du secteur : la valeur efficace d'une tension sinusoïdale dont l'amplitude vaut en réalité 2302≈325 V.
Le signal sinusoïdal : amplitude et phase
Dans un circuit électrique, il arrive constamment que deux tensions sinusoïdales de même fréquence se superposent : la tension résultante est alors une somme de la forme acos(ωt)+bsin(ωt). Deux termes, deux coefficients… mais un seul signal ? La réponse est oui, et c'est un petit miracle des formules d'addition : cette somme est encore une sinusoïde pure de même pulsation ω, dont on peut calculer l'amplitude et la phase.
L'idée est de partir de la forme cherchée et de la développer. Avec la formule d'addition du cosinus :
Acos(ωt+φ)=Acos(ωt)cosφ−Asin(ωt)sinφPour que cette expression coïncide avec acos(ωt)+bsin(ωt) à chaque instant t, il faut et il suffit que les coefficients de cos(ωt) et de sin(ωt) soient les mêmes des deux côtés :
Acosφ=aetAsinφ=−bEn élevant au carré et en additionnant ces deux égalités, A2(cos2φ+sin2φ)=a2+b2, c'est-à-dire A2=a2+b2 : l'amplitude est imposée, A=a2+b2.
Propriété
Transformation de acos(ωt)+bsin(ωt). Soient a et b deux réels non tous deux nuls, et ω un réel non nul. Il existe un réel φ tel que, pour tout réel t :
acos(ωt)+bsin(ωt)=Acos(ωt+φ)où A=a2+b2 et φ vérifie cosφ=Aa et sinφ=−Ab.
Méthode
Transformer acos(ωt)+bsin(ωt) en Acos(ωt+φ).
- Calculer l'amplitude : A=a2+b2.
- Chercher un angle φ vérifiant les deux conditions
(attention au signe moins devant b) et le reconnaître parmi les angles remarquables. 3. Conclure : acos(ωt)+bsin(ωt)=Acos(ωt+φ). 4. Contrôler le résultat en redéveloppant Acos(ωt+φ) avec la formule d'addition.
Vous reconnaissez la démarche ? C'est, trait pour trait, celle du passage en forme exponentielle : un module à calculer, puis un angle à identifier par son cosinus et son sinus. Ce n'est pas un hasard : le couple (A;φ) est exactement le module et un argument du nombre complexe a−ib. La transformation du signal est un passage en forme exponentielle déguisé — et c'est précisément ainsi que l'électricien associe à chaque signal sinusoïdal un nombre complexe, son amplitude en module et sa phase en argument.
Physiquement, l'écriture Acos(ωt+φ) est la carte d'identité du signal : A est l'amplitude (la valeur maximale du signal), φ la phase à l'origine (le décalage du signal par rapport au cosinus pur), et ω la pulsation, inchangée. La superposition de deux tensions sinusoïdales de même fréquence reste donc une tension sinusoïdale de cette fréquence : seuls l'amplitude et le déphasage changent.
Exemple
Transformation d'un signal. Transformons u(t)=3cos(100πt)+sin(100πt), superposition de deux signaux de même pulsation ω=100π rad/s. Ici a=3 et b=1.
- Amplitude : A=(3)2+12=4=2.
- On cherche φ tel que cosφ=23 et sinφ=−21 : l'angle φ=−6π convient.
- Conclusion : u(t)=2cos(100πt−6π).
- Contrôle : 2cos(100πt−6π)=2cos(100πt)cos6π+2sin(100πt)sin6π=3cos(100πt)+sin(100πt). C'est bien le signal de départ.
La superposition des deux signaux est donc une sinusoïde d'amplitude 2 et de phase à l'origine −6π.
La transformation inverse — passer de Acos(ωt+φ) à la forme développée acos(ωt)+bsin(ωt) — ne demande aucune méthode nouvelle : c'est une simple application de la formule d'addition du cosinus, suivie d'une lecture des coefficients.
Exemple
Développer un signal. Développons v(t)=2cos(ωt+4π) :
v(t)=2cos(ωt)cos4π−2sin(ωt)sin4π=2cos(ωt)−2sin(ωt)On lit a=2 et b=−2, et l'on contrôle que a2+b2=2+2=2 : on retrouve bien l'amplitude.
Équations dans C
Résoudre des équations est la raison d'être historique des nombres complexes : c'est en cherchant les solutions d'équations que Cardan et Bombelli ont accepté de calculer avec des racines carrées de nombres négatifs. Le programme retient deux familles d'équations : celles du premier degré, et celles de la forme z2=a avec a réel — précisément le type d'équation impossible dans R qui a tout déclenché.
Pour le premier degré, aucune théorie nouvelle : dans C comme dans R, on peut ajouter un même nombre aux deux membres et multiplier ou diviser par un nombre non nul. La seule technicité est le quotient final, que l'on met sous forme algébrique avec la méthode de première : multiplier numérateur et dénominateur par le conjugué du dénominateur.
Méthode
Résoudre une équation du premier degré dans C.
- Regrouper les termes en z dans un membre, les constantes dans l'autre, pour aboutir à az=c (avec a=0).
- Diviser : z=ac.
- Mettre le quotient sous forme algébrique en multipliant numérateur et dénominateur par aˉ.
- Vérifier en reportant la solution dans l'équation de départ.
Exemple
Premier degré, cas direct. Résolvons dans C l'équation (1+i)z=4−2i. On divise par 1+i (non nul), puis on multiplie par le conjugué 1−i :
z=1+i4−2i=(1+i)(1−i)(4−2i)(1−i)=12+124−4i−2i+2i2=22−6i=1−3iVérification : (1+i)(1−3i)=1−3i+i−3i2=4−2i. La solution est z=1−3i.
Exemple
Premier degré, avec regroupement. Résolvons dans C l'équation 2z+1−i=iz+3. On regroupe les termes en z à gauche et les constantes à droite : 2z−iz=3−1+i, c'est-à-dire (2−i)z=2+i. D'où :
z=2−i2+i=(2−i)(2+i)(2+i)(2+i)=22+124+4i+i2=53+4i=53+54iVenons-en à l'équation z2=a, pour a réel. Dans R, tout dépendait du signe de a : deux solutions si a>0, une si a=0, aucune si a<0. Dans C, la troisième ligne du bilan change du tout au tout — et c'est ici que l'ensemble C montre sa force.
Propriété
Équation z2=a, avec a réel. Dans C, l'équation z2=a admet :
- si a>0 : deux solutions réelles, z=a et z=−a ;
- si a=0 : une seule solution, z=0 ;
- si a<0 : deux solutions imaginaires pures, z=i−a et z=−i−a.
Justifions le cas nouveau, a<0 (notez que −a>0, donc −a existe bien). D'abord, i−a est solution : (i−a)2=i2×(−a)=a, et de même pour son opposé. Ensuite, il n'y en a pas d'autres : grâce à l'identité remarquable,
z2−a=z2−(i−a)2=(z−i−a)(z+i−a)et un produit de facteurs est nul si et seulement si l'un des facteurs est nul. Ainsi, dans C, toute équation z2=a avec a réel non nul possède exactement deux solutions, opposées l'une de l'autre : réelles quand a>0, imaginaires pures quand a<0.
Exemple
Trois équations z2=a.
- z2=9 : deux solutions réelles, z=3 et z=−3 (rien de neuf par rapport à la seconde).
- z2=−4 : ici −a=4, d'où deux solutions imaginaires pures, z=2i et z=−2i. Vérification : (2i)2=4i2=−4.
- z2=−3 : deux solutions, z=i3 et z=−i3.
Transformations géométriques et nombres complexes
Le plan complexe, découvert en première, code chaque point par un nombre : toute opération sur les nombres se traduit donc en mouvement des points. Ce dictionnaire entre calcul et géométrie est l'un des grands atouts des nombres complexes : les transformations usuelles du plan — translations, rotations, homothéties — s'écrivent chacune par une formule d'une ligne. Dans toute cette section, une transformation associe à un point M d'affixe z un point image M′ d'affixe z′, et l'on cherche l'écriture complexe de la transformation, c'est-à-dire l'expression de z′ en fonction de z.
Commençons par la plus simple : la translation, qui fait glisser tous les points d'un même vecteur.
Propriété
Écriture complexe d'une translation. Soit w un vecteur d'affixe b. La translation de vecteur w transforme le point M d'affixe z en le point M′ d'affixe
z′=z+bLa justification tient en une ligne : dire que M′ est l'image de M par la translation de vecteur w, c'est dire que MM′=w, c'est-à-dire, en passant aux affixes, z′−z=b. Ajouter un nombre complexe, c'est translater : la partie réelle de b pousse horizontalement, sa partie imaginaire pousse verticalement.
Exemple
Une translation. Soit t la translation de vecteur d'affixe 2+i (deux unités vers la droite, une vers le haut). L'image du point A d'affixe 1+i est le point A′ d'affixe z′=(1+i)+(2+i)=3+2i.
Passons à l'homothétie de centre O, qui dilate (ou contracte) le plan depuis l'origine : chaque point s'éloigne de O (ou s'en rapproche) le long de la droite (OM), les distances étant multipliées par le rapport.
Propriété
Écriture complexe d'une homothétie de centre O. Soit k un réel non nul. L'homothétie de centre O et de rapport k transforme le point M d'affixe z en le point M′ d'affixe
z′=kzEn effet, M′ est défini par la relation vectorielle OM′=kOM, qui se traduit en affixes par z′=kz. Si k>1 le plan est agrandi, si 0<k<1 il est réduit ; si k<0, le point image se trouve de l'autre côté de O (le cas k=−1 est la symétrie centrale de centre O, écriture complexe z′=−z).
Exemple
Une homothétie. Soit h l'homothétie de centre O et de rapport 2. L'image du point C d'affixe 1−i est le point C′ d'affixe z′=2(1−i)=2−2i : le point C′ est aligné avec O et C, deux fois plus loin de l'origine.
Reste la rotation de centre O, et c'est ici que la forme exponentielle entre en scène. Multiplier par eiθ, nombre de module 1, ne change pas le module mais ajoute θ à l'argument : le point tourne autour de O d'un angle θ, à distance constante. C'est exactement la définition d'une rotation.
Propriété
Écriture complexe d'une rotation de centre O. Soit θ un réel. La rotation de centre O et d'angle θ transforme le point M d'affixe z en le point M′ d'affixe
z′=eiθzLa forme exponentielle rend la justification transparente : si z=reiα, alors z′=eiθ×reiα=rei(α+θ). Le module reste r (le point garde sa distance à O) et l'argument passe de α à α+θ (le point a tourné de l'angle θ). En particulier, la rotation d'angle 2π (quart de tour direct) s'écrit z′=eiπ/2z=iz : multiplier par i, c'est faire un quart de tour autour de l'origine.
Exemple
Une rotation. Soit r la rotation de centre O et d'angle 2π, d'écriture complexe z′=iz. L'image du point B d'affixe 2+i est le point B′ d'affixe z′=i(2+i)=2i+i2=−1+2i. Contrôle : ∣2+i∣=5=∣−1+2i∣, les deux points sont bien à la même distance de O.
La figure récapitule les trois transformations sur les points des exemples : la translation fait glisser A selon le vecteur d'affixe 2+i, la rotation fait tourner B d'un quart de tour autour de O, l'homothétie double la distance de C à l'origine.
Pour finir, que représente géométriquement z↦az pour un nombre complexe a quelconque non nul ? Écrivons a sous forme exponentielle : a=reiθ. Alors az=r×eiθz : la multiplication par a enchaîne une rotation d'angle θ et une homothétie de rapport r, toutes deux de centre O (et l'ordre des deux n'a pas d'importance). Les cas au programme s'y retrouvent : si a est un réel strictement positif, θ=0 et il ne reste que l'homothétie ; si a est un réel strictement négatif, a=∣a∣eiπ et l'on compose l'homothétie de rapport ∣a∣ avec un demi-tour — c'est l'homothétie de rapport a ; si a est de module 1, r=1 et il ne reste que la rotation d'angle arg(a).
Exemple
Multiplication par 2i. Étudions z↦2iz. On écrit 2i=2eiπ/2 : la transformation est la composée de la rotation de centre O et d'angle 2π et de l'homothétie de centre O et de rapport 2. Par exemple, l'image du point d'affixe 1+i est le point d'affixe 2i(1+i)=2i+2i2=−2+2i. Contrôle par les formes exponentielles : 1+i=2eiπ/4 a pour image 22ei(π/4+π/2)=22ei⋅3π/4 — le module a doublé, l'argument a gagné un quart de tour.
Le tour du chapitre est bouclé, et le fil conducteur mérite d'être redit : une notation, eiθ=cosθ+isinθ, choisie parce qu'elle transforme les sommes d'angles en produits, comme l'exponentielle réelle. De cette seule propriété, tout a découlé : les produits et puissances de nombres complexes réduits à des jeux d'exposants, les formules d'addition et de duplication obtenues en une ligne de calcul, la linéarisation qui ouvre les primitives de cos2 et sin2, la transformation des signaux acos(ωt)+bsin(ωt) en une seule sinusoïde, et les rotations du plan écrites comme de simples multiplications. C'est ce bagage que l'électricien mobilise chaque fois qu'il remplace un signal sinusoïdal par son nombre complexe associé — avec son j à la place du i. Les exercices vont maintenant faire fonctionner ensemble les passages de forme à forme, le calcul exponentiel, la trigonométrie et la géométrie.
Les exercices
18 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.
Exercice 1 ★★★★ — Les valeurs remarquables de l'exponentielle complexe
La notation exponentielle et le cercle trigonométrique
Rappel. Pour tout réel θ, on pose eiθ=cosθ+isinθ. Ce nombre complexe a pour module 1 et pour argument θ.
-
Écrire chacun des nombres suivants sous forme algébrique.
a. ei×0
b. eiπ
c. ei2π
d. e−i2π
e. e2iπ
f. e4iπ
g. e3iπ
h. e−iπ
-
Donner, sans aucun calcul, le module de chacun des nombres ei7π, ei×2,5 et 5ei3π.
-
Tracer un cercle trigonométrique (centre O, rayon 1), puis placer les points A, B, C et D d'affixes respectives ei3π, ei65π, e−i4π et eiπ.
-
Lorsque θ décrit l'ensemble des réels, où se trouvent tous les points d'affixe eiθ dans le plan complexe ?
Exercice 2 ★★★★ — De la forme trigonométrique à la forme exponentielle
La notation exponentielle et le cercle trigonométriquePasser de la forme algébrique à la forme exponentielle et inversement
Rappel. Si z=r(cosθ+isinθ) avec r>0, alors z=reiθ : le module et l'argument se lisent directement.
-
Écrire chacun des nombres suivants sous forme exponentielle.
a. z1=2(cos5π+isin5π)
b. z2=7(cos43π+isin43π)
c. z3=cos(−6π)+isin(−6π)
d. z4=2(cos12π+isin12π)
-
Attention aux pièges ! Les écritures suivantes ne sont pas des formes trigonométriques. Transformer chacune d'elles pour obtenir la forme exponentielle du nombre.
a. z5=3(cos3π−isin3π)
b. z6=−2(cos4π+isin4π)
-
Pour chacun des six nombres de l'exercice, donner le module et un argument.
Exercice 3 ★★★★ — De la forme algébrique à la forme exponentielle
Passer de la forme algébrique à la forme exponentielle et inversement
Méthode. Pour mettre un nombre complexe non nul z=a+ib sous forme exponentielle :
- on calcule le module r=∣z∣=a2+b2 ;
- on cherche un argument θ tel que cosθ=ra et sinθ=rb, à l'aide des valeurs remarquables ;
- on conclut : z=reiθ.
Déterminer le module, un argument, puis la forme exponentielle de chacun des nombres complexes suivants.
a. z1=1+i
b. z2=3−i
c. z3=−4
d. z4=3i
e. z5=−1−i
f. z6=23+2i
g. z7=−2+2i3
h. z8=−5i
Exercice 4 ★★★★ — De la forme exponentielle à la forme algébrique
Passer de la forme algébrique à la forme exponentielle et inversement
Rappel. Pour revenir à la forme algébrique, on développe : reiθ=rcosθ+irsinθ.
Écrire chacun des nombres complexes suivants sous forme algébrique exacte (valeurs exactes, pas de valeurs approchées).
a. z1=2ei6π
b. z2=2ei4π
c. z3=4ei3π
d. z4=6ei32π
e. z5=3e−i4π
f. z6=5eiπ
g. z7=2e−i2π
h. z8=ei65π
Exercice 5 ★★★★ — Produits et quotients en notation exponentielle
Produits, quotients et puissances en notation exponentielle
Rappel. Pour r>0 et r′>0 : reiθ×r′eiθ′=rr′ei(θ+θ′), r′eiθ′reiθ=r′rei(θ−θ′) et reiθ=re−iθ.
-
On pose z1=3ei6π et z2=2ei3π. Écrire chacun des nombres suivants sous forme exponentielle.
a. z1×z2
b. z2z1
c. z21
d. z1
e. z1×z2
f. z1z2
-
On pose maintenant z3=1+i et z4=2ei6π.
a. Écrire z3 sous forme exponentielle et z4 sous forme algébrique.
b. Calculer le produit z3×z4 sous forme exponentielle.
c. Calculer le produit z3×z4 sous forme algébrique, en développant.
d. En comparant les deux résultats, en déduire les valeurs exactes de cos125π et sin125π.
Exercice 6 ★★★★ — Puissances d'un nombre complexe
Produits, quotients et puissances en notation exponentielle
Rappel. Pour r>0 et n entier naturel : (reiθ)n=rneinθ. Pour calculer une puissance élevée d'un nombre complexe, on passe donc par la forme exponentielle.
-
a. Écrire 1+i sous forme exponentielle.
b. En déduire la forme algébrique de (1+i)8.
-
a. Écrire 3+i sous forme exponentielle.
b. En déduire la forme algébrique de (3+i)6.
-
Calculer la forme algébrique de (1−i3)5 en passant par la forme exponentielle.
-
On pose z=ei4π.
a. Écrire zn sous forme exponentielle, pour n entier naturel.
b. Un nombre complexe de module 1 est réel si et seulement si son argument est un multiple de π. Pour quelles valeurs de n le nombre zn est-il réel ?
c. Parmi ces valeurs, lesquelles donnent un réel positif ?
Exercice 7 ★★★★ — Lire des formes exponentielles sur une figure
La notation exponentielle et le cercle trigonométriquePasser de la forme algébrique à la forme exponentielle et inversement
Dans le plan complexe muni d'un repère orthonormé (O ; u, v), la figure ci-dessous montre le cercle de centre O et de rayon 2 (trait plein) ainsi que le cercle de centre O et de rayon 1 (pointillés). Six points A, B, C, D, E et F y sont placés à des angles remarquables. On note zA, zB, zC, zD, zE et zF leurs affixes respectives.
- Pour chacun des six points, lire sur la figure le module et un argument de son affixe.
- En déduire la forme exponentielle de chacune des six affixes.
- En déduire la forme algébrique de zA et de zE.
Exercice 8 ★★★★ — Démontrer les formules d'addition
Formules d'addition et de duplication des sinus et cosinusLa notation exponentielle et le cercle trigonométrique
Soient a et b deux nombres réels. On rappelle que, par définition de la notation exponentielle, eia=cosa+isina, et que la notation exponentielle vérifie la règle du produit : eia×eib=ei(a+b).
- Développer le produit (cosa+isina)(cosb+isinb) et l'écrire sous forme algébrique (partie réelle, partie imaginaire).
- Écrire ei(a+b) sous forme algébrique à l'aide de la définition.
- Deux nombres complexes sont égaux si et seulement si ils ont même partie réelle et même partie imaginaire. En déduire les formules d'addition :
- En choisissant b=a, en déduire les formules de duplication donnant cos(2a) et sin(2a).
- À l'aide de la relation cos2a+sin2a=1, montrer que cos(2a) peut s'écrire de trois façons :
Exercice 9 ★★★★ — Valeurs exactes par les formules d'addition et de duplication
Formules d'addition et de duplication des sinus et cosinus
On rappelle les formules d'addition, pour tous réels a et b :
cos(a+b)=cosacosb−sinasinbetsin(a+b)=sinacosb+cosasinb.-
Vérifier que 127π=3π+4π, puis calculer les valeurs exactes de cos127π et de sin127π.
-
En remarquant que 12π=3π−4π et en utilisant la parité du cosinus et du sinus (cos(−b)=cosb et sin(−b)=−sinb), calculer la valeur exacte de cos12π.
-
On veut maintenant calculer cos8π et sin8π à l'aide des formules de duplication.
a. Justifier que cos4π=2cos28π−1.
b. En déduire la valeur exacte de cos28π, puis celle de cos8π en justifiant soigneusement le signe choisi.
c. De la même façon, à partir de cos4π=1−2sin28π, calculer la valeur exacte de sin8π.
Exercice 10 ★★★★ — Linéariser les carrés de cosinus et de sinus
Linéariser les carrés de cosinus et de sinus, primitivesFormules d'addition et de duplication des sinus et cosinus
Linéariser une expression trigonométrique, c'est l'écrire sans puissance ni produit de cosinus et de sinus : uniquement des termes de la forme cos(kt) ou sin(kt). C'est indispensable, par exemple, pour calculer des primitives.
- À partir des formules de duplication cos(2θ)=2cos2θ−1=1−2sin2θ, démontrer les formules de linéarisation :
-
Linéariser chacune des expressions suivantes.
a. cos2(3t)
b. sin2(2t)
c. 4sin2(2t)
-
Simplifier chacune des expressions suivantes en une seule ligne trigonométrique.
a. cos2θ−sin2θ
b. sinθcosθ
Exercice 11 ★★★★ — Primitives et valeur moyenne par linéarisation
Linéariser les carrés de cosinus et de sinus, primitives
On rappelle les formules de linéarisation : cos2θ=21+cos(2θ) et sin2θ=21−cos(2θ).
-
Linéariser cos2(t), puis en déduire une primitive sur R de la fonction f:t↦cos2(t).
-
De la même façon, déterminer une primitive sur R de la fonction g:t↦sin2(2t).
-
Une tension sinusoïdale est modélisée par u(t)=Ucos(ωt), où U>0 est l'amplitude (en volts) et ω>0 la pulsation (en rad⋅s−1). On note T=ω2π la période du signal.
a. Linéariser u2(t).
b. Calculer la valeur moyenne de u2 sur une période, c'est-à-dire T1∫0Tu2(t)dt.
c. La valeur efficace Ueff de la tension est la racine carrée de cette valeur moyenne. Montrer que Ueff=2U.
d. La tension du secteur domestique a une valeur efficace de 230 V. Calculer son amplitude U, arrondie au volt.
Exercice 12 ★★★★ — Amplitude et phase d'un signal sinusoïdal
Amplitude et phase d'un signal sinusoïdal
En électricité, la somme de deux signaux sinusoïdaux de même pulsation ω est encore un signal sinusoïdal de pulsation ω : toute expression acos(ωt)+bsin(ωt) peut s'écrire sous la forme Acos(ωt+φ) avec A>0. On rappelle la méthode : on développe Acos(ωt+φ)=Acosφcos(ωt)−Asinφsin(ωt), puis on identifie les coefficients de cos(ωt) et de sin(ωt).
-
On considère le signal s(t)=cos(2t)−3sin(2t).
a. Justifier que A=a2+b2, puis calculer A pour ce signal.
b. Écrire le système vérifié par cosφ et sinφ, et en déduire une valeur de φ.
c. Conclure en écrivant s(t) sous la forme Acos(ωt+φ).
-
Par la même méthode, écrire g(t)=2cos(t)+2sin(t) sous la forme Acos(t+φ).
-
Transformation inverse : développer h(t)=4cos(ωt+6π) sous la forme acos(ωt)+bsin(ωt).
Exercice 13 ★★★★ — Superposition de deux tensions sinusoïdales
Amplitude et phase d'un signal sinusoïdalFormules d'addition et de duplication des sinus et cosinus
Dans un montage électrique, deux tensions sinusoïdales de même fréquence se superposent. À l'instant t (en secondes), elles valent, en volts :
u1(t)=3cos(100πt)etu2(t)=33cos(100πt+2π).La tension résultante est u(t)=u1(t)+u2(t).
-
À l'aide de la formule d'addition cos(a+b)=cosacosb−sinasinb, montrer que u2(t)=−33sin(100πt).
-
En déduire que, pour tout réel t, u(t)=3cos(100πt)−33sin(100πt).
-
On cherche à écrire u(t) sous la forme Acos(100πt+φ) avec A>0.
a. Développer Acos(100πt+φ) à l'aide de la formule d'addition, puis justifier que A et φ doivent vérifier Acosφ=3 et Asinφ=33.
b. En déduire la valeur de A, puis une valeur de φ dans ]−π ; π].
c. Écrire u(t) sous la forme annoncée.
-
Donner l'amplitude et la phase à l'origine de la tension u, puis calculer sa fréquence en hertz.
-
Calculer u(0) de deux façons : avec l'expression obtenue à la question 3, puis directement à partir de u1(0) et u2(0).
Exercice 14 ★★★★ — Équations du premier degré dans C
Équations dans C : premier degré et équations avec un carré
Résoudre dans C chacune des équations suivantes. On donnera les solutions sous forme algébrique.
-
2z+1−i=5+3i
-
(1+i)z=4−2i
-
iz+3=z−5i
-
Écrire la solution de l'équation 1 sous forme exponentielle.
Méthode. On isole z comme dans une équation du premier degré à coefficients réels : regrouper les termes en z d'un côté, les constantes de l'autre, factoriser par z, puis diviser. Quand un quotient apparaît, on le met sous forme algébrique en multipliant numérateur et dénominateur par le conjugué du dénominateur.
Exercice 15 ★★★★ — Équations dont l'inconnue est au carré
Équations dans C : premier degré et équations avec un carré
Dans R, l'équation x2=a n'a pas de solution lorsque a<0. Dans C, la situation change : c'est précisément pour rendre ce type d'équation toujours résoluble que les nombres complexes ont été introduits.
-
Résoudre dans C chacune des équations suivantes.
a. z2=9
b. z2=−4
c. z2=−18
d. z2=0
-
Résoudre dans C l'équation 4z2+25=0.
-
Pour l'équation 1.b, vérifier par le calcul que chacune des deux valeurs trouvées est bien solution.
-
Soit a un nombre réel. Expliquer, en distinguant les cas a>0, a=0 et a<0, pourquoi l'équation z2=a admet toujours au moins une solution dans C, et préciser le nombre de solutions dans chaque cas.
Exercice 16 ★★★★ — Translations, rotations, homothéties
Translations, rotations et homothéties : expression complexe
Le plan complexe est muni d'un repère orthonormé (O ; u, v). On considère les points A, B et C d'affixes
zA=2+i,zB=−1+2i,zC=1−i.On rappelle les expressions complexes des transformations du programme : la translation de vecteur d'affixe b transforme le point d'affixe z en le point d'affixe z+b ; la rotation de centre O et d'angle θ le transforme en le point d'affixe eiθz ; l'homothétie de centre O et de rapport k (avec k réel non nul) le transforme en le point d'affixe kz.
-
Déterminer l'affixe du point A′, image de A par la translation de vecteur d'affixe 3−2i.
-
Déterminer l'affixe du point B′, image de B par la rotation de centre O et d'angle 2π. On rappelle que eiπ/2=i.
-
Déterminer l'affixe du point C′, image de C par l'homothétie de centre O et de rapport −2.
-
Placer les points A′, B′ et C′ sur la figure.
-
Reconnaître la transformation du plan associée à chacune des écritures complexes suivantes, en précisant ses éléments caractéristiques.
a. z↦eiπ/3z
b. z↦3z
Exercice 17 ★★★★ — Construire un triangle équilatéral par rotation
Translations, rotations et homothéties : expression complexeProduits, quotients et puissances en notation exponentielle
Le plan complexe est muni d'un repère orthonormé (O ; u, v). On note r la rotation de centre O et d'angle 32π : elle transforme le point d'affixe z en le point d'affixe e2iπ/3z.
On considère le point A d'affixe zA=2, le point B image de A par la rotation r, et le point C image de B par la même rotation r.
-
Donner l'affixe zB sous forme exponentielle, puis sous forme algébrique.
-
Montrer que zC=2e4iπ/3, puis justifier que zC=2e−2iπ/3. En déduire la forme algébrique de zC.
-
Placer B et C sur la figure, puis tracer le triangle ABC.
-
Justifier, sans calcul de forme algébrique, que OA=OB=OC=2.
-
Calculer (e2iπ/3)3 en utilisant les règles de calcul sur les puissances de la notation exponentielle. Que peut-on en déduire pour l'image de C par la rotation r ?
-
Une rotation conserve les distances : si M′ et N′ sont les images de M et N, alors M′N′=MN. En appliquant ce résultat à la rotation r, démontrer que le triangle ABC est équilatéral.
Exercice 18 ★★★★ — Défi : puissance d'un signal et forme exponentielle
Amplitude et phase d'un signal sinusoïdalLinéariser les carrés de cosinus et de sinus, primitivesProduits, quotients et puissances en notation exponentielle
Un capteur mesure un signal électrique dont la valeur à l'instant t (en secondes) est, en volts,
s(t)=4cos(ωt)+43sin(ωt),où ω est un réel strictement positif (la pulsation, en rad/s). On note T=ω2π la période du signal.
Partie A. Mettre le signal sous la forme Acos(ωt+φ).
-
Développer Acos(ωt+φ) à l'aide de la formule d'addition, et justifier que A et φ doivent vérifier Acosφ=4 et Asinφ=−43.
-
En déduire A (avec A>0) puis une valeur de φ dans ]−π ; π], et écrire s(t) sous la forme annoncée.
Partie B. Valeur moyenne de s2 et valeur efficace.
En électricité, la puissance dissipée dans une résistance est proportionnelle à s2(t) : c'est la valeur moyenne de s2 sur une période qui gouverne l'échauffement.
-
À l'aide de la formule de linéarisation cos2θ=21+cos(2θ), montrer que s2(t)=32+32cos(2ωt−32π).
-
Calculer la valeur moyenne de s2 sur une période, c'est-à-dire m=T1∫0Ts2(t)dt.
-
La valeur efficace du signal est Seff=m. Montrer que Seff=42, puis vérifier que Seff=2A.
Partie C. Le point de vue des nombres complexes.
Aux ingénieurs, on apprend à associer au signal s(t)=Acos(ωt+φ) le nombre complexe S=Aeiφ, qui mémorise à lui seul l'amplitude (son module) et la phase (son argument).
-
Donner le nombre complexe S associé au signal étudié.
-
Calculer S2 sous forme exponentielle, puis vérifier que ∣S2∣=∣S∣2.
-
Question de réflexion. Exprimer la valeur moyenne m trouvée à la question 4 en fonction de ∣S∣ uniquement. Quel avantage y a-t-il, pour un électricien, à travailler avec S plutôt qu'avec la fonction s ?
Le devoir surveillé
Sujet type DS — 60 min, barème sur 20 points. Faites-le en conditions réelles avant de regarder le corrigé (PDF).
Exercice 1 (5 points) — Formes exponentielles et calculs
On considère les nombres complexes z1=1+i et z2=3−i.
1. (2 pts, soit 1 pt par nombre) Écrire z1 et z2 sous forme exponentielle. On détaillera le calcul du module et de l'argument.
2. (1 pt) Écrire le nombre complexe z3=4ei32π sous forme algébrique.
3. (1 pt, soit 0,5 pt par calcul) En utilisant les formes exponentielles de la question 1, écrire sous forme exponentielle :
a. z1×z2
b. z2z1
4. (1 pt) En utilisant la forme exponentielle de z1, calculer (1+i)6. On donnera le résultat sous forme algébrique.
Exercice 2 (5 points) — Formules d'addition et linéarisation
1. (1,5 pt) En remarquant que 12π=3π−4π, calculer la valeur exacte de cos12π.
2. (1,5 pt) À l'aide d'une formule de duplication, linéariser sin2(3t), c'est-à-dire l'écrire sans puissance de sinus ou de cosinus.
3. (1 pt) En déduire une primitive de la fonction f définie sur R par f(t)=sin2(3t).
4. (1 pt) Calculer la valeur moyenne de f sur l'intervalle [0;32π].
Exercice 3 (5 points) — Signal sinusoïdal (contexte électrique)
La tension aux bornes d'un dipôle est modélisée par la fonction u définie pour tout t⩾0 (en secondes) par :
u(t)=2cos(100πt)+23sin(100πt)où u(t) est exprimée en volts.
1. (2 pts) Mettre u(t) sous la forme Acos(100πt+φ), où A>0 et φ∈]−π;π].
2. (1,5 pt, soit 0,5 pt par valeur) Donner l'amplitude du signal, sa fréquence en hertz et sa phase à l'origine.
3. (1 pt, soit 0,5 pt par question) Calculer u(0), puis déterminer le premier instant t>0 auquel la tension s'annule.
4. (0,5 pt) La tension u peut-elle atteindre la valeur 5 volts ? Justifier en une phrase.
Exercice 4 (5 points) — Équations et transformations du plan
Le plan complexe est muni d'un repère orthonormé direct (O;u,v).
1. (2 pts, soit 1 pt par équation) Résoudre dans C chacune des équations suivantes (on donnera les solutions sous forme algébrique) :
a. (1+i)z=3+i
b. z2=−25
2. On considère le point A d'affixe zA=1+i3.
a. (1 pt) Écrire zA sous forme exponentielle.
b. (1 pt) Le point B est l'image de A par la rotation de centre O et d'angle 6π. Déterminer l'affixe zB de B, sous forme exponentielle puis sous forme algébrique.
c. (0,5 pt) Le point C est l'image de A par l'homothétie de centre O et de rapport 23. Déterminer l'affixe zC de C.
d. (0,5 pt) Démontrer que le triangle OAB est isocèle en O.
Bloqué sur « Nombres complexes : forme exponentielle » ?
On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.