Tale techno · Chapitre 08 · Activités géométriques
Coniques
STD2A uniquement
Sections planes d'un cône (cercle, ellipse, parabole, hyperbole), tangentes, raccordements d'arcs.
Sommaire
Ce qu'il faut savoir faire
- Sections planes d'un cône (cercle, ellipse, parabole, hyperbole)
- Tangentes
- Raccordements d'arcs
Le cours
Allumez une lampe de chevet munie d'un abat-jour cylindrique et regardez le mur : la lumière y dessine une courbe. Selon que la lampe est posée droite, penchée, ou collée contre le mur, cette courbe change de forme. Un cercle, un ovale allongé, ou deux arcs ouverts qui montent vers le plafond. Sans le savoir, la lampe vient de tracer les courbes qui occupent ce chapitre : les coniques.
Ces courbes portent bien leur nom : elles apparaissent quand on coupe un cône par un plan. Les Grecs les étudiaient déjà il y a plus de deux mille ans, et elles n'ont jamais quitté le monde du design et de l'architecture : arches elliptiques des ponts en pierre, paraboles des câbles suspendus, profils d'objets, réflecteurs de lampes. En STD2A, elles sont un outil de dessin autant qu'un objet mathématique.
Bonne nouvelle : la plupart de ces courbes sont déjà connues. La parabole est la courbe des polynômes du second degré vus en première, l'hyperbole est celle de la fonction inverse, le cercle date du collège. Ce chapitre les rassemble sous un même toit, celui du cône, puis s'attaque à deux questions très concrètes pour un designer : qu'est-ce que la tangente à une conique, et comment raccorder deux arcs de courbes sans faire apparaître de cassure ?
Le cône de révolution et ses sections planes
Commençons par l'objet qui donne son nom au chapitre. Attention, le cône du mathématicien est un peu plus riche que le cornet de glace : il possède deux parties, et il est illimité.
Définition
On considère une droite Δ (l'axe) et une droite d sécante à Δ en un point S. Le cône de révolution de sommet S est la surface engendrée par la rotation de la droite d autour de l'axe Δ.
Les différentes positions de la droite d au cours de la rotation s'appellent les génératrices du cône : ce sont les droites qui passent par S et « dessinent » la surface.
Comme les génératrices sont des droites entières, le cône est constitué de deux nappes opposées, qui se rejoignent au sommet S : une nappe au-dessus du sommet, une nappe en dessous.
Imaginez maintenant que l'on tranche ce cône avec un plan, comme on couperait un abat-jour avec une grande plaque de verre. La courbe obtenue le long de la coupe s'appelle une section plane du cône. Sa forme dépend uniquement de l'inclinaison du plan par rapport à l'axe et aux génératrices.
Propriété
Soit un cône de révolution d'axe Δ et un plan ne passant pas par le sommet S. La section du cône par ce plan est :
- un cercle si le plan est perpendiculaire à l'axe Δ ;
- une ellipse si le plan est oblique par rapport à l'axe et coupe une seule nappe (la courbe est fermée, en forme d'ovale) ;
- une parabole si le plan est parallèle à une génératrice (la courbe est ouverte, en une seule branche) ;
- une hyperbole si le plan coupe les deux nappes (la courbe est ouverte, en deux branches séparées).
Ces quatre courbes sont appelées les coniques.
On passe continûment d'une conique à l'autre en inclinant progressivement le plan de coupe : le cercle s'allonge en ellipse, l'ellipse s'ouvre en parabole à l'instant précis où le plan devient parallèle à une génératrice, puis la parabole se dédouble en hyperbole dès que le plan atteint la seconde nappe.
Un mot sur les cas limites : si le plan passe par le sommet S, la section n'est plus une vraie courbe mais un point seul, une droite, ou deux droites sécantes ; on parle de coniques dégénérées et on les laisse de côté dans la suite.
Exemple
La lumière d'une lampe à abat-jour tronconique sort par le haut et par le bas en formant un cône de révolution (à deux nappes, une vers le plafond, une vers le sol) dont le sommet est l'ampoule. Le mur joue le rôle du plan de coupe.
- Lampe orientée vers le mur, axe du cône perpendiculaire au mur : la tache lumineuse est un cercle.
- On penche légèrement la lampe : la tache s'allonge en ellipse.
- Lampe posée verticalement contre le mur : le mur est alors parallèle à l'axe et coupe les deux nappes du cône de lumière ; on voit sur le mur deux arcs, l'un au-dessus, l'autre en dessous de la lampe. C'est une hyperbole.
- Entre les deux, pour l'inclinaison exacte où le mur est parallèle à une génératrice, la frontière de la tache est une parabole.
C'est une expérience à refaire chez soi : le mur devient un écran à coniques.
Reste à étudier chacune de ces courbes de plus près. Le cercle est bien connu ; la parabole et l'hyperbole seront retrouvées à la section 3. La vraie nouveauté du chapitre, c'est l'ellipse.
L'ellipse
L'ellipse est la forme d'un cercle vu de biais : l'ombre au sol d'un cerceau tenu incliné, le sommet d'un verre dessiné en perspective, le contour d'une table ronde sur une photo. C'est une courbe fermée, aplatie dans une direction, qui possède un vocabulaire précis.
Définition
Une ellipse admet un centre de symétrie O et deux axes de symétrie perpendiculaires passant par O :
- le grand axe, de longueur notée 2a, porté par la plus grande dimension de l'ellipse ;
- le petit axe, de longueur notée 2b, porté par la plus petite dimension (avec a>b>0).
Les quatre points où l'ellipse coupe ses axes sont ses sommets : deux sommets aux extrémités du grand axe, à la distance a du centre, et deux sommets aux extrémités du petit axe, à la distance b du centre.
Pour travailler avec une ellipse dans un repère, on choisit le repère le mieux adapté : orthonormé, centré au centre de l'ellipse, avec les axes de coordonnées portés par le grand axe et le petit axe. L'équation devient alors remarquablement simple.
Propriété
Dans un repère orthonormé d'origine O dont l'axe des abscisses porte le grand axe et l'axe des ordonnées le petit axe, l'ellipse de demi-grand axe a et de demi-petit axe b (avec a>b>0) a pour équation, appelée équation réduite :
a2x2+b2y2=1Un point M(x ; y) appartient à l'ellipse si et seulement si ses coordonnées vérifient cette équation. (Propriété admise.)
Cette équation raconte la même histoire que la figure : les sommets sur l'axe des abscisses s'obtiennent en posant y=0, ce qui donne x2=a2, donc x=a ou x=−a ; ceux sur l'axe des ordonnées en posant x=0, ce qui donne y=b ou y=−b.
Et le cercle dans tout ça ? Si a=b, l'équation devient a2x2+a2y2=1, c'est-à-dire x2+y2=a2 : on reconnaît l'équation du cercle de centre O et de rayon a. Le cercle est une ellipse particulière, celle dont les deux axes ont la même longueur.
Exemple
On considère l'ellipse d'équation 25x2+9y2=1.
Lecture des dimensions. Ici a2=25 et b2=9, donc a=5 et b=3. Le grand axe mesure 2a=10 et le petit axe 2b=6. Les sommets sont les points de coordonnées (5 ; 0), (−5 ; 0), (0 ; 3) et (0 ; −3).
Le point A(4 ; 1,8) est-il sur l'ellipse ? On remplace :
2542+91,82=2516+93,24=0,64+0,36=1L'équation est vérifiée : le point A appartient à l'ellipse.
Et le point B(3 ; 2) ? On calcule 259+94=0,36+0,44…≈0,80=1 : le point B n'est pas sur l'ellipse (il est à l'intérieur, car le résultat est inférieur à 1).
Les foyers et la construction du jardinier
L'ellipse cache deux points remarquables sur son grand axe, invisibles au premier regard mais essentiels pour la tracer : ses foyers.
Propriété
Soit une ellipse de demi-grand axe a et de demi-petit axe b, rapportée à son repère réduit. On pose
c2=a2−b2c’est-aˋ-direc=a2−b2Les points F(c ; 0) et F′(−c ; 0), situés sur le grand axe de part et d'autre du centre, sont appelés les foyers de l'ellipse.
Propriété caractéristique (définition bifocale). Un point M du plan appartient à l'ellipse si et seulement si la somme de ses distances aux deux foyers est constante, égale à la longueur du grand axe :
MF+MF′=2aCette propriété est admise dans le cas général, mais on peut la vérifier sans effort en un point bien choisi : le sommet B(0 ; b) du petit axe. Par symétrie, B est à la même distance des deux foyers. Le triangle formé par O, F et B est rectangle en O, avec OF=c et OB=b ; le théorème de Pythagore donne alors
BF=b2+c2=b2+(a2−b2)=a2=aet de même BF′=a. On a bien BF+BF′=a+a=2a : la somme annoncée. Retenez au passage cette image : la distance d'un sommet du petit axe à un foyer vaut exactement a, le demi-grand axe.
La définition bifocale n'est pas qu'une curiosité : c'est une méthode de traçage utilisée depuis des siècles par les jardiniers pour dessiner des parterres elliptiques, et toujours employée en menuiserie et en design pour tracer de grandes ellipses sans gabarit.
Méthode
Construction du jardinier. Pour tracer une ellipse de grand axe 2a dont on connaît les foyers F et F′ :
- planter un piquet en F et un piquet en F′ ;
- attacher aux deux piquets une ficelle non élastique de longueur 2a (plus longue que la distance FF′) ;
- tendre la ficelle avec la pointe d'un traceur et déplacer le traceur en maintenant la ficelle tendue, tout autour des piquets.
La pointe décrit une ellipse : à chaque instant, la somme des distances du traceur aux deux piquets vaut la longueur de la ficelle, soit MF+MF′=2a.
Exemple
Reprenons l'ellipse d'équation 25x2+9y2=1, avec a=5 et b=3.
On calcule c2=a2−b2=25−9=16, donc c=4. Les foyers sont F(4 ; 0) et F′(−4 ; 0).
Pour la tracer en vraie grandeur avec la méthode du jardinier (une unité = un décimètre par exemple) : planter les piquets à 8 dm l'un de l'autre et utiliser une ficelle de longueur 2a=10 dm. Vérification sur le sommet (5 ; 0) : sa distance à F vaut 5−4=1 et sa distance à F′ vaut 5+4=9, et 1+9=10=2a.
Signalons pour finir que seuls les foyers de l'ellipse sont au programme : la parabole et l'hyperbole en possèdent aussi, mais leur étude n'est pas attendue.
La parabole et l'hyperbole, des courbes déjà connues
Les deux dernières coniques n'ont rien d'inconnu : ce sont des courbes de fonctions déjà rencontrées en première et en terminale. Ce qui change, c'est le regard : on les retrouve ici comme sections d'un cône.
La parabole
En première, vous avez tracé les courbes des polynômes du second degré : ce sont précisément des paraboles.
Propriété
La courbe représentative d'une fonction polynôme du second degré x↦ax2+bx+c (avec a=0) est une parabole. Elle possède :
- un sommet, point le plus bas de la courbe si a>0 (parabole tournée vers le haut) ou le plus haut si a<0 (parabole tournée vers le bas) ;
- un axe de symétrie, la droite verticale passant par le sommet.
Vue comme conique, la parabole est la section du cône par un plan parallèle à une génératrice : c'est la seule conique ouverte à une seule branche.
La plus simple d'entre elles est la courbe de x↦x2, de sommet l'origine et d'axe de symétrie l'axe des ordonnées. La forme parabolique est omniprésente en design et en architecture : trajectoire d'un jet d'eau, profil de certaines arches et de câbles porteurs, réflecteurs de phares et d'antennes (dont la fameuse antenne « parabolique »).
L'hyperbole
L'hyperbole aussi est une vieille connaissance : c'est la courbe de la fonction inverse, étudiée en début d'année.
Propriété
La courbe représentative de la fonction inverse x↦x1, et plus généralement de toute fonction x↦xk avec k=0, est une hyperbole. Elle possède :
- deux branches séparées (les traces des deux nappes du cône), situées dans deux quarts de plan opposés ;
- un centre de symétrie, l'origine O du repère ;
- deux asymptotes : les axes du repère, droites dont les branches se rapprochent indéfiniment sans jamais les toucher.
Par exemple, la courbe d'équation y=x4 est une hyperbole : une branche dans le quart de plan où x et y sont positifs, passant par les points (1 ; 4), (2 ; 2) et (4 ; 1), et une branche symétrique par rapport à O dans le quart de plan opposé. Loin de l'origine, chaque branche vient s'aplatir le long de l'axe des abscisses ; près de la valeur interdite 0, elle file le long de l'axe des ordonnées. Ce sont les deux asymptotes.
On retrouve l'hyperbole dans l'expérience de la lampe contre le mur (les deux arcs de lumière au-dessus et en dessous de l'abat-jour) et dans les courbes de proportionnalité inverse omniprésentes en gestion de projet : temps de fabrication en fonction du nombre d'artisans, prix unitaire en fonction de la quantité produite.
Tangente à une conique en un point
Souvenez-vous de la première : pour définir la tangente à la courbe d'une fonction en un point A, on faisait glisser un second point M sur la courbe vers A, et on regardait ce que devenait la sécante (AM). Le nombre dérivé était la pente obtenue « à la limite ». La même idée fonctionne mot pour mot sur une conique.
Définition
Soit C une conique et A un point de C. Pour tout autre point M de la conique, la droite (AM) est une sécante à C.
Lorsque le point M se rapproche de A en restant sur la conique, les sécantes (AM) se rapprochent d'une droite fixe passant par A : cette position limite des sécantes est appelée la tangente à la conique C au point A.
Concrètement, la tangente est la droite qui « épouse » la conique au point A : si l'on zoome très fort sur A, la courbe et sa tangente deviennent indiscernables. C'est exactement la définition vue en première pour les courbes de fonctions ; elle s'applique désormais aussi aux courbes qui ne sont pas des courbes de fonctions, comme le cercle ou l'ellipse.
Propriété
(Admise.) Pour un cercle ou une ellipse, la tangente en un point A est la seule droite passant par A qui touche la conique en ce seul point : elle ne traverse pas la courbe, et toute la conique est située d'un même côté de la tangente.
Dans le cas du cercle, on retrouve la propriété connue depuis le collège : la tangente au cercle en A est la perpendiculaire au rayon [OA] passant par A.
Une remarque importante avant de passer aux exercices : aucune formule donnant l'équation d'une tangente à une conique n'est à connaître. Dans les situations analytiques, l'équation de la tangente sera toujours fournie par l'énoncé ; votre travail consiste à la vérifier (le point de contact appartient bien à la droite et à la conique) ou à l'utiliser (pour un raccordement, un tracé, une lecture de pente).
Exemple
Les sécantes qui deviennent tangente. On considère la parabole d'équation y=4x2 et le point A(2 ; 1) de cette parabole (vérification : 422=1).
Prenons des points M de la parabole de plus en plus proches de A et calculons la pente de chaque sécante (AM) :
| abscisse de M | 3 | 2,5 | 2,1 | 2,01 |
|---|---|---|---|---|
| ordonnée de M | 2,25 | 1,5625 | 1,1025 | 1,010025 |
| pente de (AM) | 1,25 | 1,125 | 1,025 | 1,0025 |
Par exemple pour la première colonne : pente =3−22,25−1=1,25. Les pentes se rapprochent clairement de 1 : la tangente à la parabole en A est la droite de pente 1 passant par A(2 ; 1).
Rien de magique : la parabole est la courbe de la fonction f(x)=4x2, dont la dérivée est f′(x)=2x, et l'on a bien f′(2)=1. Sur une conique qui est une courbe de fonction, la tangente est celle du nombre dérivé.
Raccordement d'arcs et de courbes
Voici l'application phare du chapitre pour un élève de STD2A. Un profil d'objet, une arche, une moulure, un tracé de route sont rarement faits d'une seule courbe : on assemble des arcs de cercles, d'ellipses, de paraboles. Toute la difficulté est d'assembler sans cassure : l'œil repère immédiatement un angle là où le dessinateur voulait une ligne fluide. La tangente fournit le critère exact.
Définition
Deux arcs de courbes se raccordent en un point R lorsque :
- les deux arcs passent par le point R ;
- les deux arcs admettent en R la même tangente.
Le point R est appelé point de raccordement. La courbe obtenue en mettant bout à bout les deux arcs est alors lisse : elle ne présente ni trou ni cassure en R.
La première condition seule ne suffit pas : deux arcs peuvent très bien se couper en formant un angle. C'est la condition sur la tangente qui garantit la fluidité du tracé.
Pour les arcs de cercles, le critère se traduit par une propriété d'alignement remarquablement simple, qui est l'outil de base du dessin technique.
Propriété
Deux arcs de cercles de centres C1 et C2 se raccordent en un point R (commun aux deux cercles) si et seulement si les points C1, C2 et R sont alignés.
En effet, la tangente à un cercle en R est la perpendiculaire au rayon en R : les deux tangentes coïncident exactement quand les deux rayons [C1R] et [C2R] sont portés par la même droite, c'est-à-dire quand les deux centres sont alignés avec R.
Au compas, la recette est donc : pour raccorder un arc de centre C1 à un nouvel arc, choisir le nouveau centre C2 sur la droite (C1R), où R est le point de raccordement souhaité. Selon que C2 est du même côté que C1 ou de l'autre côté de R, la courbure continue dans le même sens ou s'inverse.
Quand l'un des morceaux est la courbe d'une fonction (ou une droite), c'est le nombre dérivé qui joue le rôle du rayon.
Méthode
Raccorder la courbe d'une fonction f et une droite (ou la courbe d'une seconde fonction g) en un point d'abscisse r. On vérifie les deux conditions de la définition :
- même valeur : f(r)=g(r) (les deux courbes passent par le même point R) ;
- même nombre dérivé : f′(r)=g′(r) (les deux tangentes en R ont la même pente, donc coïncident).
Pour une droite d'équation y=mx+p, la « dérivée » est sa pente m : la condition 2 s'écrit f′(r)=m.
Par exemple, la parabole d'équation y=4x2 et la droite d'équation y=x−1 se raccordent au point R(2 ; 1) : la parabole passe par R (calcul fait à la section précédente), la droite aussi (2−1=1), et les pentes coïncident (f′(2)=1, pente de la droite =1). Le profil formé de l'arc de parabole puis de la demi-droite est parfaitement lisse.
Terminons par la figure reine du dessin d'architecture, utilisée depuis des siècles pour les ponts et les arches surbaissées : l'anse de panier, un arc composé de trois arcs de cercle raccordés.
Exemple
L'anse de panier. On veut dessiner une arche de portée 8 (la largeur au sol) et de flèche 2 (la hauteur au centre), plus basse qu'un demi-cercle. On travaille dans un repère orthonormé dont l'axe des abscisses est la ligne de naissance de l'arche, l'origine au milieu. On utilise trois arcs de cercle :
- deux petits arcs latéraux, de centres C1(−3 ; 0) et C2(3 ; 0) et de rayon 1 : ils partent des naissances (−4 ; 0) et (4 ; 0) (on vérifie que la distance de C1 à (−4 ; 0) vaut bien 1) ;
- un grand arc central, de centre C(0 ; −4) et de rayon 6 : son point le plus haut est (0 ; 2), ce qui donne la flèche de 2.
Où se font les raccordements ? D'après la propriété, le raccordement entre le petit arc de gauche et le grand arc doit se trouver sur la droite joignant leurs centres C1(−3 ; 0) et C(0 ; −4). La distance entre les deux centres vaut 32+42=25=5. Le point de raccordement R1 est sur cette droite, à la distance 6 de C (donc à la distance 6−5=1 de C1, ce qui est cohérent avec le rayon du petit cercle) : on obtient R1(−3,6 ; 0,8).
Vérification par le calcul. Distance de C1(−3 ; 0) à R1(−3,6 ; 0,8) :
(−3,6−(−3))2+(0,8−0)2=0,36+0,64=1=1Distance de C(0 ; −4) à R1 : 3,62+4,82=12,96+23,04=36=6. Le point R1 appartient bien aux deux cercles, et il est aligné avec les deux centres : le raccordement est sans cassure. Par symétrie, le raccordement de droite se fait en R2(3,6 ; 0,8).
L'arche complète est donc lisse de bout en bout : petit arc de (−4 ; 0) à R1, grand arc de R1 à R2, petit arc de R2 à (4 ; 0). C'est exactement le profil des ponts en anse de panier et de nombreuses arches de portes cochères.
Ce principe de raccordement, ici appliqué à trois arcs de cercle, est le même qui gouverne les courbes de Bézier de vos logiciels de dessin vectoriel : chaque fois que deux morceaux de courbe se rejoignent avec la même tangente, le tracé reste fluide. Les coniques et leurs tangentes ne sont pas seulement un héritage des géomètres grecs : elles sont dans la poignée que vous dessinez, l'arche que vous relevez, la lumière sur le mur.
Les exercices
13 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.
Exercice 1 ★★★★ — Reconnaître les sections d'un cône
Sections planes d'un cône de révolution
On coupe un cône de révolution (à deux nappes) par un plan. Pour chacune des situations suivantes, nommer la courbe obtenue.
a. Le plan est perpendiculaire à l'axe du cône (et ne passe pas par le sommet).
b. Le plan est oblique, coupe une seule nappe et n'est parallèle à aucune génératrice.
c. Le plan est parallèle à une génératrice du cône.
d. Le plan est parallèle à l'axe du cône et coupe les deux nappes.
e. Le plan est perpendiculaire à l'axe et passe par le sommet du cône.
Pour chacune des affirmations suivantes, dire si elle est vraie ou fausse et justifier en une phrase.
-
Toute section plane d'un cône de révolution est une ellipse.
-
Une hyperbole a deux branches parce que le plan de coupe rencontre les deux nappes du cône.
-
Un cercle est un cas particulier d'ellipse.
Exercice 2 ★★★★ — Coniques, lumière et design
Sections planes d'un cône de révolution
Une lampe à abat-jour conique est posée sur une table, contre un mur vertical. La lumière sort par le haut et par le bas de l'abat-jour : elle forme dans l'espace un cône de lumière à deux nappes, dont l'axe est vertical.
a. Quelle courbe la lumière dessine-t-elle au plafond ? Justifier en précisant la position du plan du plafond par rapport à l'axe du cône de lumière.
b. La lampe est collée au mur : le mur coupe les deux nappes du cône de lumière. Quelle courbe la lumière dessine-t-elle sur le mur ? Justifier.
c. On incline légèrement la lampe : l'axe du cône de lumière n'est plus vertical, mais le plafond coupe toujours une seule nappe sans être parallèle à une génératrice. Que devient la tache lumineuse au plafond ?
d. Pour chacune des quatre coniques (cercle, ellipse, parabole, hyperbole), citer un objet ou une situation du design, de l'architecture ou de la vie courante où on la rencontre.
Exercice 3 ★★★★ — Lire les éléments d'une ellipse
L'ellipse : axes, sommets, équation réduite
On considère l'ellipse de centre O représentée ci-dessous.
a. Lire sur la figure la longueur du grand axe et celle du petit axe.
b. Donner les coordonnées des quatre sommets de l'ellipse.
c. En déduire les valeurs de a et de b, puis écrire l'équation réduite de l'ellipse.
d. Le point P(4;1,8) est-il sur l'ellipse ? Vérifier par le calcul.
Exercice 4 ★★★★ — Équation réduite : points sur l'ellipse
L'ellipse : axes, sommets, équation réduite
On considère l'ellipse d'équation réduite
16x2+4y2=1a. Donner les valeurs de a et de b, les coordonnées des quatre sommets, puis les longueurs du grand axe et du petit axe.
b. Les points suivants appartiennent-ils à l'ellipse ? Justifier par le calcul.
i. M(2;1,7)
ii. N(0;2)
c. Déterminer par le calcul les ordonnées des points de l'ellipse d'abscisse x=2,4.
d. Tracer l'allure de l'ellipse dans un repère orthonormé.
Exercice 5 ★★★★ — La construction du jardinier
L'ellipse : axes, sommets, équation réduite
Un paysagiste veut tracer au sol le contour d'un massif de fleurs en forme d'ellipse. Il utilise la « méthode du jardinier » : il plante deux piquets, attache à chacun une extrémité d'une ficelle, puis trace la courbe en gardant la ficelle tendue avec un bâton.
L'ellipse visée a un grand axe de 10 m et un petit axe de 6 m. On se place dans un repère orthonormé (unité : le mètre) centré au centre de l'ellipse, le grand axe étant porté par l'axe des abscisses. On a donc a=5 et b=3, et les piquets sont plantés aux foyers F et F′ de l'ellipse.
a. Rappeler la propriété qui caractérise les points M de l'ellipse à l'aide des distances MF et MF′. En déduire la longueur de ficelle nécessaire.
b. Calculer c à l'aide de la relation c2=a2−b2, puis donner les coordonnées des points où planter les piquets. À quelle distance l'un de l'autre se trouvent-ils ?
c. Vérifier la propriété au sommet B(0;3) du petit axe : calculer BF et BF′ à l'aide du théorème de Pythagore, puis leur somme.
d. Le point Q(3;2,4) est-il sur le contour du massif ? Vérifier par le calcul à l'aide de l'équation réduite de l'ellipse.
Exercice 6 ★★★★ — La parabole, une conique déjà connue
Parabole et hyperbole comme coniques
On considère la parabole d'équation y=4x2.
a. Recopier et compléter le tableau de valeurs suivant.
| x | −4 | −3 | −2 | −1 | 0 | 1 | 2 | 3 | 4 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| y |
b. Donner les coordonnées du sommet de la parabole et l'équation de son axe de symétrie.
c. De quelle section plane d'un cône de révolution cette courbe provient-elle ?
d. Vérifier que les points (−3;2,25) et (3;2,25) sont symétriques par rapport à l'axe de symétrie de la parabole.
e. Tracer la parabole dans un repère orthonormé à l'aide du tableau de valeurs.
Exercice 7 ★★★★ — L'hyperbole et ses asymptotes
Parabole et hyperbole comme coniques
On considère l'hyperbole d'équation y=x4.
a. Recopier et compléter le tableau de valeurs suivant.
| x | −8 | −4 | −2 | −1 | 1 | 2 | 4 | 8 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| y |
b. Expliquer pourquoi cette courbe a deux branches, en donnant deux points de vue : celui de la section du cône, et celui de l'expression x4.
c. Donner le centre de symétrie de l'hyperbole et les équations de ses deux asymptotes.
d. La courbe touche-t-elle ses asymptotes ? Justifier à l'aide d'une équation.
e. Tracer l'hyperbole et ses asymptotes dans un repère orthonormé.
Exercice 8 ★★★★ — La tangente, position limite des sécantes
Tangente à une conique en un point
Dans un repère orthonormé, on considère la parabole P d'équation y=4x2 et le point A(2;1).
a. Vérifier que A appartient à la parabole P.
b. Pour chacun des points M suivants, situés sur P, calculer la pente (taux de variation) de la sécante (AM).
M1(3;2,25)
M2(2,5;1,5625)
M3(2,1;1,1025)
c. Vers quelle valeur les pentes des sécantes semblent-elles se rapprocher quand le point M se rapproche de A ?
d. La parabole P est la courbe de la fonction f définie par f(x)=4x2. Calculer f′(x), puis f′(2). Que retrouve-t-on ?
e. En déduire l'équation de la tangente à P au point A.
Exercice 9 ★★★★ — Une tangente donnée à une ellipse
Tangente à une conique en un pointL'ellipse : axes, sommets, équation réduite
Dans un repère orthonormé, on considère l'ellipse E d'équation
25x2+9y2=1et le point M(3;2,4). On donne l'équation de la tangente T à E au point M :
T:253x+154y=1.a. Vérifier par le calcul que M appartient à l'ellipse E.
b. Vérifier que M appartient à la droite T.
c. Déterminer les coordonnées des points d'intersection de T avec l'axe des abscisses, puis avec l'axe des ordonnées.
d. Sur la figure, la tangente T touche l'ellipse en M sans la traverser. Expliquer pourquoi toute l'ellipse se trouve alors du même côté de la droite T.
Exercice 10 ★★★★ — Raccorder deux arcs de cercle
Raccordement d'arcs et de courbes
Dans un repère orthonormé (unité : le cm), un designer trace un arc du cercle C1 de centre C1(0;0) et de rayon 5. Cet arc se termine au point R(4;3). Il veut le prolonger par un arc d'un cercle C2 de rayon 2, qui se raccorde au premier arc au point R.
a. Vérifier que R appartient au cercle C1.
b. Rappeler la condition pour que deux arcs de cercles se raccordent en un point R.
c. Le centre C2 se trouve sur la demi-droite [C1R), au-delà de R, à la distance 2 de R. Pour l'atteindre depuis R, on avance de 52 du déplacement de C1 à R : calculer les coordonnées de ce « pas », puis montrer que C2(5,6;4,2).
d. Vérifier par le calcul que RC2=2.
e. Pourquoi la tangente commune aux deux arcs en R est-elle perpendiculaire à la droite (C1C2) ?
Exercice 11 ★★★★ — Raccordement d'une rampe et d'une piste
Raccordement d'arcs et de courbesTangente à une conique en un point
Le profil d'une rampe de skate est modélisé, dans un repère orthonormé (unités en mètres), par la courbe de la fonction f définie sur [0;4] par
f(x)=ax2+bx+c,où a, b et c sont trois réels à déterminer. La rampe doit se raccorder en x=4 à une piste horizontale d'équation y=0 (pour x≥4). Le haut de la rampe est au point (0;2).
a. Traduire les contraintes du problème par trois égalités portant sur f(0), f(4) et f′(4). On rappelle que se raccorder, c'est avoir la même valeur et la même tangente au point de raccordement, et qu'une piste horizontale a une pente nulle.
b. Montrer que c=2.
c. Calculer f′(x), puis écrire le système de deux équations vérifié par a et b.
d. Résoudre ce système et en déduire l'expression de f(x).
e. Vérifier que la fonction obtenue satisfait bien les trois contraintes.
f. Calculer la pente de la rampe à son sommet, en x=0, et interpréter le résultat.
Exercice 12 ★★★★ — L'anse de panier
Raccordement d'arcs et de courbes
L'anse de panier est un arc surbaissé, classique des ponts en pierre et des arches, formé de trois arcs de cercle raccordés. Dans un repère orthonormé (unité : le mètre), l'arche s'appuie sur les points A(−4;0) et B(4;0) (portée 8 m). Les petits arcs latéraux ont pour centres C1(−3;0) et C2(3;0) et pour rayon 1 ; l'arc central a pour centre C(0;−4) et pour rayon R.
a. Vérifier que A appartient au cercle de centre C1 et de rayon 1.
b. L'arc central se raccorde à l'arc de centre C1 en un point R1 situé sur le cercle de centre C1. En utilisant la condition de raccordement de deux arcs de cercles (C, C1 et R1 alignés), justifier que R=CC1+1.
c. Calculer CC1, puis en déduire R.
d. Pour atteindre R1 depuis C1, on avance de 51 du déplacement de C à C1. Calculer les coordonnées de ce « pas », puis montrer que R1(−3,6;0,8).
e. Vérifier par le calcul que CR1=6.
f. Calculer la flèche de l'arche, c'est-à-dire la hauteur de son sommet au-dessus du sol.
g. Question ouverte : pourquoi les bâtisseurs préféraient-ils l'anse de panier au demi-cercle pour franchir une large portée ? Répondre en une ou deux phrases.
Exercice 13 ★★★★ — L'arche elliptique d'un pont
L'ellipse : axes, sommets, équation réduiteTangente à une conique en un pointRaccordement d'arcs et de courbes
L'arche d'un pont est une demi-ellipse (moitié supérieure) d'équation
25x2+9y2=1,y≥0dans un repère orthonormé (unités en mètres) : la portée de l'arche est de 10 m et sa hauteur au centre de 3 m.
a. Justifier les valeurs « portée 10 m » et « hauteur 3 m » à partir des valeurs de a et de b dans l'équation de l'ellipse.
b. Un gabarit routier impose de vérifier la hauteur disponible à 3 m du centre : calculer l'ordonnée du point de l'arche d'abscisse 3. Un camion de 2,50 m de haut, dont le flanc passe à 3 m du centre, peut-il passer sous l'arche ?
c. On donne : la tangente à l'ellipse au sommet S(0;3) est horizontale, et la tangente au point A(5;0) est verticale. Expliquer pourquoi la tangente verticale en A permet un raccordement parfait entre l'arche et le piédroit vertical (le mur porteur) du pont.
d. Le tablier horizontal d'équation y=3 touche l'arche uniquement au point S : justifier à l'aide de la tangente horizontale en S que le tablier et l'arche se raccordent en S.
Le devoir surveillé
Sujet type DS — 60 min, barème sur 20 points. Faites-le en conditions réelles avant de regarder le corrigé (PDF).
Exercice 1 (4 points) — Les sections d'un cône
On coupe un cône de révolution (à deux nappes) par un plan.
a. (2 points) Pour chacune des quatre positions du plan ci-dessous, donner le nom de la courbe obtenue (cercle, ellipse, parabole ou hyperbole).
- Le plan est perpendiculaire à l'axe du cône.
- Le plan est oblique par rapport à l'axe et coupe une seule nappe, sans être parallèle à une génératrice.
- Le plan est parallèle à une génératrice du cône.
- Le plan coupe les deux nappes du cône.
b. (2 points) Vrai ou faux ? Justifier chaque réponse.
- « Le cercle est un cas particulier d'ellipse. »
- « Une parabole a deux branches. »
Exercice 2 (6 points) — Le bassin elliptique
Un bassin de parc a la forme d'une ellipse de grand axe 20 m et de petit axe 12 m. On rapporte le plan à un repère orthonormé dont l'origine est le centre du bassin, le grand axe étant horizontal. L'unité est le mètre.
a. (1,5 point) Donner les valeurs de a et de b, puis écrire l'équation réduite de l'ellipse.
b. (1 point) Donner les coordonnées des quatre sommets de l'ellipse.
c. (1,5 point) Le point M(6;4,8) est-il situé au bord du bassin ? Justifier par un calcul.
d. (2 points) Pour retracer le contour du bassin, le jardinier utilise deux piquets plantés aux foyers et une ficelle tendue (construction du jardinier). Calculer c, donner les coordonnées des points F et F′ où planter les piquets, puis la longueur de ficelle nécessaire.
Exercice 3 (5 points) — Tangente à une parabole
On considère la parabole P d'équation y=2x2, courbe représentative de la fonction f définie par f(x)=2x2, et le point A(1;0,5).
a. (1 point) Vérifier que le point A appartient à la parabole P.
b. (2 points) Les points M1(2;2), M2(1,5;1,125) et M3(1,1;0,605) appartiennent à P. Calculer le coefficient directeur (la pente) de chacune des sécantes (AM1), (AM2) et (AM3).
c. (1 point) La tangente à P en A est la position limite de ces sécantes lorsque le point M se rapproche de A. Conjecturer la pente de cette tangente, puis confirmer la conjecture à l'aide du nombre dérivé.
d. (1 point) En déduire l'équation réduite de la tangente à P au point A.
Exercice 4 (5 points) — Raccordement design
Le profil d'un objet design est formé de deux arcs de cercle raccordés. Dans un repère orthonormé (unité : le centimètre) :
- l'arc 1 appartient au cercle de centre C1(0;0) et de rayon 10, et se termine au point R(6;8) ;
- l'arc 2, porté par un cercle de rayon 5, doit se raccorder à l'arc 1 au point R.
a. (1 point) Vérifier par un calcul de distance que le point R appartient bien au cercle de centre C1 et de rayon 10.
b. (1 point) Énoncer la condition pour que deux arcs de cercle se raccordent en un point sans cassure.
c. (2 points) Le centre C2 du second cercle est aligné avec C1 et R, situé au-delà de R, à la distance 5 de R. Justifier que, pour aller de R à C2, le déplacement horizontal et le déplacement vertical valent chacun la moitié de ceux effectués pour aller de C1 à R, puis en déduire les coordonnées de C2.
d. (1 point) Vérifier par un calcul que RC2=5.
Bloqué sur « Coniques » ?
On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.